Semaine de la solidarité internationale au lycée Camille Guérin de Poitiers, 19/11/09
Atelier sur l'interculturel, le BAFA
Il est établit dans un premier temps un lien entre toutes les ateliers proposés au lycée et l'évènement de la Semaine de la Solidarité Internationale. Les termes qui en ressortent se portent sur le bénévolat, l'information et la sensibilisation à la solidarité et aux inégalités Nord/Sud, l'inégale répartition des richesses. Les deux intervenantes amènent les lycéens à réfléchir sur la définition qu'ils pourraient donner de l'interculturalité : « ce sont diverses cultures mélangées entre elles ». Jennifer, une des intervenantes, préfère utiliser le terme «d'interactions ».
LE JEU DU BAFA
Le jeu nécessite la séparation de la classe en deux groupes : le pays alpha et le pays bêta.
- le groupe alpha :
Le pays alpha est un pays où les élèves peuvent parler français. L'objectif est de se faire des amis et communiquer. Leur culture est basée sur une logique de rencontres. Il faut se taper sur l'épaule avant de parler pour prendre la parole, tendre la main à l'autre pour présenter une carte marquée d'une certaine valeur. Les échanges, qui se font toujours par deux, incitent les joueurs à présenter une carte d'une valeur donnée pour jugée de l'intérêt de la rencontre. Celui qui propose la valeur la plus basse gagne. La logique de leur système culturel veut que le résultat des rencontres soit positif. Il y a un aîné dans le groupe qui possède toutes les cartes et qui les répartit aux autres joueurs, soit six cartes par joueur. Les hommes ne peuvent parler aux femmes sauf s'ils le demandent à l'aîné et jamais les femmes n'iront vers les hommes.
- le groupe bêta :
Les règles du jeu sont toutes autres dans ce pays où la communication nécessite d'autres codes. La population de ce pays ne peut répondre que par oui ou non, ne prononce que les deux premières lettres de la couleur de la carte qu'il souhaite posséder ou donner (rouge=ro, bleu=bl, jaune=ja, orange=or). Les chiffres des cartes signifient également quelque chose : 1= Ba, 2= Fa, 3= Ba Fa Ba, 4= Ba Fa Ba Fa...et ainsi de suite, d'où le nom du jeu. De plus, les bêta ont peur de l'autre et ne supportent pas le contact, à l'inverse des alpha.
Leur but est de faire des suites de chiffres avec les cartes pour gagner des points : une suite de trois chiffres vaut 1 point, une suite de quatre chiffres vaut 2 points, une suite de 5 chiffres vaut 3 points...etc. Les bêta cherchent toujours quelque chose qu'ils veulent mais n'auront jamais l'initiative de donner.
- les interactions entre les deux groupes :
Les élèves sont ensuite amenés à découvrir l'autre pays par groupe de deux. Deux alpha vont chez les bêta puis deux bêta vont chez les alpha. Les groupes se mélangent sans connaître les règles de l'autre groupe. Au fur et à mesure, les élèves commencent à comprendre les règles de l'autre pays. On peut ainsi entendre plusieurs expressions des élèves sur l'autre groupe, qu'une des deux intervenantes prend en note, ce qui servira au débat par la suite. Un des élèves alpha parle des autres bêta en disant « tu vas voir, ils vont te piquer toutes tes cartes » ce qui coïncide avec la règle du jeu de ces derniers. De même, chacun se prend au jeu de ses propres règles, ainsi le groupe bêta qui avait du mal à ne pas parler français au départ; communique de plus en plus facilement par le biais de sons. Le groupe alpha comprend de mieux en mieux les règles de bêta. Tout ceci ne se fait pas sans difficulté.
- Le débat :
Le débat sert à faire le lien avec la réalité. Quels chocs culturels les élèves ont pu identifier?
Quelles sont les conséquences des différences culturelles? Comment les gérer?
Les élèves ont pu avoir des propos parfois très difficiles pendant le déroulement du jeu, et lorsqu'ils sont réutilisés par les intervenantes pour qu'ils soient expliqués, les élèves se rendent alors compte et prennent conscience de ce qu'ils ont dit.
Ce qui ressort principalement du débat est l'incompréhension de l'autre lié au choc des
cultures. Les intervenantes reprennent les termes utilisés pour montrer les conséquences positives et négatives dans le rapport à l'autre. Comment utiliser le choc des cultures et le transformer en une rencontre avec l'autre? Elles reprennent les préjugés les plus connus pour les déconstruire.
L'exemple utilisé est celui des « arabes sont des voleurs » or ceci n'est pas à aborder seulement sous l'angle d'approche occidentale, ce qui est notre tord, mais de comprendre le mode de fonctionnement au Maghreb. Les intervenantes expliquent que l'attitude dans les pays d'Afrique dépend aussi d'une économie informelle, conception intolérable dans les pays d'occident. C'est aussi le cas de la représentation de la femme africaine en France, avec plusieurs enfants. Or la culture africaine est basée sur la communauté ce qui fait qu'une femme africaine emmène ses enfants ainsi que les enfants de ses amies à l'école. Le problème réside dans la représentation de ce qu'on fait de l'autre, véhiculée par les préjugés.
Pas d'actualité pour le moment.